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Laisser pleurer, ça marche. Mais… à quel prix pour l’enfant ?
(Ce que disent vraiment les neurosciences)
Quand on “laisse pleurer”, l’enfant finit par s’endormir, oui.
Mais ce qu’on sait aujourd’hui, c’est qu’il y a un "coût invisible" :
– dans son niveau de stress,
– dans le développement de son cerveau,
– dans la construction (ou non) de son sentiment de sécurité.
Quand un bébé traverse une détresse prolongée sans soutien,
l’élévation chronique du cortisol peut altérer certaines connexions neuronales
dans l’hippocampe et le cortex préfrontal, zones clés de la régulation émotionnelle et de l’apprentissage.
Et aujourd’hui, les neurosciences sont capables de le prouver (ce qui nous échappait il y a quelques décennies).
Oui, la plupart des bébés finissent par s’endormir si on les laisse pleurer.
Mais ce n’est pas un apprentissage.
On ne peut pas appeler ça non plus de l’“autonomie”.
C’est plus un "stop physiologique"… lié à l’épuisement.
Et c’est là, qu’aujourd’hui, les neurosciences apportent vraiment des infos utiles :
un enfant peut "s’endormir"… tout en étant en état de détresse physiologique.
Le coût invisible du laisser-pleurer : stress, cerveau et sécurité affective
Quand un bébé pleure longtemps sans réponse, son corps libère du cortisol, l’hormone du stress.
Avant 2–3 ans, son cerveau n’a pas la maturité nécessaire pour réguler cette détresse seul :
Le cortex préfrontal, siège du contrôle émotionnel, est encore en développement.
L’enfant peut se calmer un peu (pouce, doudou, position)…
mais pas traverser une émotion intense sans le soutien d’un adulte de confiance.
L’exposition répétée à un stress prolongé à cet âge peut perturber la maturation des circuits neuronaux
dans l’hippocampe et le cortex préfrontal, zones clés de la régulation émotionnelle et de l’apprentissage.
Les études montrent également que, lorsqu’on laisse un enfant pleurer sans l’accompagner :
- le cortisol reste élevé même après l’endormissement,
- l’enfant bascule dans un sommeil d’épuisement,
- son système nerveux reste en hypervigilance.
Il dort, oui.
Mais le sentiment de sécurité, lui, n’est pas là. On est loin d’un sommeil "paisible".
Et chez les enfants “sensibles” ou atypiques ?
Pour les enfants TSA, TDAH, hypersensoriels ou très sensibles, c’est encore plus marqué.
Leurs systèmes nerveux présentent souvent :
- une réponse au stress est plus forte,
- un retour au calme plus lent,
- une auto-régulation plus difficile,
- et un sommeil souvent plus fragile.
Avec ces enfants, “laisser pleurer” n’est pas seulement difficile :c’est inefficace.
Plus d’infos sur le sommeil des enfants neuroatypiques dans cet article.
Le point clé que beaucoup oublient :
“S’apaiser seul” est une compétence… qui s’acquiert grâce à l’adulte
C’est le petit maillon logique manquant dans presque tous les débats.
Un enfant apprend à se calmer en co-régulation, grâce à la présence stabilisante d’un adulte.
C’est seulement après des milliers d’expériences répétées que son cerveau pourra un jour apaiser seul une grande émotion.
Attendre qu’il “s’auto-apaise” trop tôt, c’est comme attendre qu’il marche avant d’avoir su tenir debout.
La vraie solution n’est pas “intervenir moins”… mais intervenir autrement
Aujourd’hui, les données scientifiques sont là c’est on sait désormais que :
👉 La présence d’un adulte baisse le cortisol et aide l’enfant à apprendre, en sécurité.
C’est la co-régulation.
Le socle du développement émotionnel…
et du sommeil serein.
ça ne signifie pas “tout faire à la place de l’enfant”, ni céder "à ses caprices" et encore moins "à le rendre dépendant".
On a désormais à disposition des méthodes douces, progressives, adaptées à chaque famille, qui permettent à un enfant d’apprendre à s’endormir :
- Sans le laisser pleurer tout seul,
- En l’accompagnant dans son apprentissage,
- En l’aidant à aller progressivement au-delà de ce qu’il sait déjà faire lorsque c’est nécessaire.
Pour découvrir pourquoi certaines méthodes chronométrées comme la méthode 5/10/15 ne correspondent pas à cette approche progressive, je t’invite à lire mon article complet ici.
En résumé (pour les parents pressés)
– Oui, laisser pleurer “marche”… mais par épuisement.
– Non, laisser-pleurer ne permet pas l’apprentissage du sommeil autonome.
– Avant 2–3 ans (et souvent au-delà pour les enfants au profil particulier), il est souvent difficile pour l’enfant de s’auto-réguler seul.
Le vrai prix de laisser pleurer ne se mesure donc pas sur l’endormissement seul
mais bien sur tout ce qui se joue avec :
Niveau de stress, développement cérébral et sécurité émotionnelle.
La co-régulation est la voie la plus sécurisante… et la plus efficace à long terme.
💛 Si tu as envie de comprendre ce que ton enfant vit au moment du coucher et la nuit, et comment l’accompagner sans jamais le laisser dans une détresse qu’il ne peut pas gérer… j’accompagne les parents pas à pas, en douceur.
👉 Découvrir mes accompagnements sommeil (à Toulouse ou en visio si tu habites plus loin)
Sources :
American Academy of Pediatrics (AAP) — Clinical reports on sleep disturbances in Autism Spectrum Disorder.
Autism Speaks (Research summaries) : https://www.autismspeaks.org/sleep
Green, S. A. et al. (2015) — Neural mechanisms of sensory over-responsivity in children. American Journal of Psychiatry.
Gunnar, M. & Donzella, B. (2002) — Social regulation of cortisol levels in early human development. Psychoneuroendocrinology.
Middlemiss, W. et al. (2012) — Asynchrony of mother–infant HPA axis activity following extinction-based sleep training. Early Human Development.
National Scientific Council on the Developing Child (2004–2020) — Reports on toxic stress and self-regulation.
Feldman, R. (2017) — The neurobiology of human attachments.
Rechtschaffen, A. & Bergmann, B. M. — Sleep deprivation in mammals : a review of the physiological and behavioral consequences.
Shaw, P. et al. (2014) — Emotion dysregulation in Attention Deficit Hyperactivity Disorder. American Journal of Psychiatry.




